Venezuela: l’ennemi américain convoqué pour masquer la crise économique

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«Les États-Unis sont le grand atout du gouvernement révolutionnaire (du Venezuela), c’est pour cela qu’il ne souhaite aucune stabilité de leurs relations. Avec ces expulsions, il cherche un moyen de faire les gros titres afin de masquer son énorme inefficacité économique», analyse pour l’AFP Félix Gerardo Arellano, professeur de sciences politiques à l’Université centrale du Venezuela (UCV).

 

Perpétuel chiffon rouge, les États-Unis n’en demeurent pas moins le principal exportateur (12 milliards de dollars en 2012) et principal acheteur de pétrole du Venezuela, qui dispose des plus grandes réserves au monde mais dont l’économie est frappée par le manque de devises et des pénuries récurrentes.

 

«Le président Maduro essaie d’appliquer les mêmes formules» que celles de M. Chavez «mais dans des circonstances très différentes et avec moins d’habileté (…) non seulement en raison de la crise économique mais aussi pour s’assurer l’appui des +chavistes+ radicaux», renchérit la spécialiste des relations internationales Elsa Cardozo, enseignante à l’UCV.

 

Depuis son élection sur le fil en avril, Nicolas Maduro s’est attaché à tenter de discréditer l’opposition comme à revendiquer à l’envi l’héritage de Hugo Chavez (1999-2013), dont il n’a ni le charisme ni la légitimité politique.

 

Le 3 septembre, 70% du pays ont été touchés par une gigantesque panne électrique et ces derniers mois, l’inflation et les pénuries ont atteint des sommets. Il s’agit selon le président d’actes de «sabotage» de la part de l’opposition, financée par les États-Unis, destinés à favoriser des troubles sociaux.

 

Pour le politologue et professeur Nicmer Evans, la «bonne» décision du président d’expulser ces diplomates revêt un caractère préventif car même si ces employés «n’étaient pas en train de comploter, il y a plusieurs précédents historiques qui montrent que n’importe quel mouvement dans une ambassade des États-Unis dans n’importe quel pays du monde est rarement destiné à aider les gouvernements».

«Il serait naïf de penser que la crise économique est distincte de la situation politique», assure-t-il. Selon lui, «les maladresses du gouvernement Maduro en matière économique» constituent un «bouillon de culture» dont entendent profiter «ceux qui veulent comploter» contre le régime.

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