Au Venezuela, ruée sur l’électroménager

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Les queues se sont formées dans la nuit de vendredi à samedi, dans une ambiance électrique. Des téléviseurs quatre fois moins chers du jour au lendemain, des fours bradés, des machines à laver à moitié prix, il n’en fallait pas moins pour rendre fous les Vénézuéliens. En accusant la chaîne d’électroménager Daka de participer à la«guerre économique» par des hausses artificielles de ses prix et en annonçant, dès vendredi soir, l’occupation par l’armée de plusieurs magasins, le président, Nicolás Maduro, a déclenché une véritable tornade. A Valencia, à l’est de Caracas, l’une des enseignes Daka a été pillée samedi. La Garde nationale a dû être déployée ce week-end devant les autres succursales du groupe, en prévention.

 

«Jamais dans notre histoire, nous n’avions eu de président aussi incapable», a déclaré samedi le leader d’opposition, Henrique Capriles, face au chaos généré par l’annonce de Maduro. Le même jour, des milliers de personnes sans position partisane affichée ont défilé dans plusieurs villes pour critiquer la gestion gouvernementale de la crise. Ce matin, la chaîne d’électroménager JVG et le magasin Mundo Samira devaient ouvrir leurs portes avec des prix au rabais, ce qui augurait de nouvelles échauffourées.

 

Les propriétaires des trois firmes sont d’ores et déjà sous les verrous. «L’usure est un délit», a rappelé samedi le ministre du pouvoir populaire pour le Commerce. Pour justifier la mesure, Alejandro Fleming a dénoncé l’évolution du prix d’une machine à laver : «Achetée par Daka à 4 500 bolivars en février, elle a été mise à la vente à 24 000 en mai, et elle coûte dorénavant 47 000 bolivars [5 000 euros, ndlr] !» Selon la Banque centrale, les prix des équipements ménagers ont augmenté de 62% depuis le début de l’année. Le gouvernement menace maintenant de confisquer les marchandises des entreprises qui auraient spéculé sur les prix.

 

Ce week-end, le président socialiste, Nicolás Maduro, a prévenu : «Ce n’est que le début, ce que vous avez vu ces dernières heures n’est que la pointe de l’iceberg de ce que je vais faire pour protéger le peuple.» Ironie de l’histoire, la politique de «prix justes» voulue par le successeur de Hugo Chávez profite pour l’instant aux classes moyennes et supérieures. Les enseignes Daka sont situées dans des quartiers aisés et, même après la baisse de samedi, un téléviseur coûte toujours l’équivalent de plusieurs salaires minimums. Samedi, les pilleurs euphoriques étaient en costume.

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