Le Venezuela veut encore croire aux pleins pouvoirs

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Le président Nicolás Maduro, élu en avril, pourra désormais gouverner par décrets. Un système censé régler les lourds problèmes économiques du pays, et dont Chavez avait déjà largement usé

 

Le recours aux pouvoirs spéciaux est loin d’être une première au Venezuela. Cette prérogative existe depuis 1961 et a été utilisée pour tous les présidents, se limitant toutefois, selon le site BBC Mundo, à des situations d’urgence économique. Mais le recours aux pouvoirs spéciaux a atteint une nouvelle dimension avec Hugo Chavez qui les a sollicités à quatre reprises et dans des cadres extensifs, par exemple pour voter une réforme agraire en 2001 et une loi sur l’emploi en 2012. Toutes deux avaient créé la polémique. Au total, ce furent 224 décrets qui furent promulgués par Chavez, qui a bénéficié des pleins pouvoirs pendant le tiers de ses quatorze années au pouvoir. 

Par la «ley habilitante», l’actuel président vénézuélien, élu en avril, entend ainsi faire passer des lois visant à lutter contre l’inflation record – plus de 54% – et les pénuries de nourriture, de devises et de biens de consommation courante qui frappent le pays. Une situation que Nicolás Maduro qualifie de «guerre économique» et qui serait orchestrée par l’opposition et les puissances impérialistes étrangères.

 

A la suite du vote de mardi, le Président a depuis le palais de Miraflores (l’Elysée local) averti les «conspirateurs» selon lui responsables des problèmes du pays: «Ce que vous avez vu est peu par rapport à ce que nous allons faire pour défendre ce peuple et ses droits». Faisant allusion à l’ordre donné par le gouvernement ces dernières semaines de baisser les prix de certains produits de consommation et de l’envoi de l’armée dans les supermarchés et les magasins d’électroménager, accusés de spéculation.

 

Nicolás Maduro a également annoncé que deux nouvelles lois contre la corruption et la «guerre économique» seraient promulguées dès mercredi, intitulées «loi des coûts, profits, et protection des prix justes» et «loi sur le Commerce extérieur». Celles-ci visent à augmenter le poids de l’Etat dans l’économie en sanctionnant les usuriers et en imposant des limites aux profits des entreprises du secteur privé, accusées de spéculation sur les prix. D’autres mesures se voulant favorables aux petits commerçants devraient voir le jour entre jeudi et vendredi.

 

 

 

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