Venezuela : les deux camps mobilisent en masse mais dans le calme

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Des centaines de milliers d’opposants et de partisans du pouvoir mesuraient leurs forces, samedi 22 février, à Caracas et en province lors de marches pour la paix dans un Venezuela secoué depuis plus de deux semaines de manifestations ayant fait une dizaine de morts.

Dans l’est huppé de Caracas, au moins 50 000 personnes ont répondu à l’appel du gouverneur et ancien candidat à la présidentielle Henrique Capriles, principale figure de l’opposition, pour exiger le désarmement de groupes armés proches dupouvoir du président socialiste Nicolas Maduro et pour dénoncer la mauvaise situation économique.

 

Dans le centre de la capitale, bastion « chaviste » (du nom de l’ancien président Hugo Chavez), des dizaines de milliers de personnes vêtues de rouge et de blanc, tenant des fleurs à la main, participaient elles à une marche « des femmes pour la paix et pour la vie », dénonçant la violence et les dommages causés en marge de manifestations étudiantes et opposantes qui se déroulent depuis début févier dans tout le pays, qualifiées par Nicolas Maduro de « coup d’Etat en cours ».

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Venezuela: cette autre Ukraine dont on ne parle pas

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Tandis que l’Europe s’émeut des violences perpétrées en Ukraine, un autre drame politique et social se déroule de l’autre côté de la planète. Mêmes manifestations interminables, mêmes images de bâtiments en feu et de barricades, mêmes accusations de putsch de la part du pouvoir en place.

 

Si la situation à Kiev monopolise l’attention politique et médiatique, le conflit au Venezuela a tout de même réveillé les hostilités entre les pro et anti-chavistes dans la classe politique française. Le président de l’UMP, Jean-François Copé, s’est fendu d’un communiqué pour appeler à la libération de Leopoldo López ainsi qu’à « la fin des arrestations arbitraires » en Amérique Latine. « Le gouvernement de Nicolas Maduro bénéficie d’une étonnante complaisance alors qu’il étouffe les libertés fondamentales, comme le faisait Chavez lui-même, et que son échec économique est patent », critique le chef de file de l’opposition, qui n’a jamais caché son hostilité aux révolutions bolivariennes.

 

Une interprétation aux antipodes de celle du Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, farouche partisan du chavisme mais qui ne s’est toujours pas exprimé publiquement sur le sujet depuis le début de la révolte estudiantine. « Depuis le putsch d’avril 2002, ce sont les mêmes protagonistes, c’est le coeur le plus rance de l’oligarchie vénézuelienne qui est aujourd’hui à l’oeuvre. Après l’échec de leur référendum révocatoire et leur défaite aux municipales, ils renouent avec leur stratégie de tension putschiste », dénonce Raquel Garrido, porte-parole internationale du PG.

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Stratégie de la tension au Venezuela

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L’opinion ainsi travaillée par ces séquences de film catastrophe, l’opposition peut passer (ou re-passer) à l’action. Regroupée au sein de la MUD, elle n’a pas accepté la victoire de M. Maduro à l’élection présidentielle d’avril 2013, avec 50,66 % des voix. Cette marge étroite incita le candidat battu pour la deuxième fois en six mois [4], M. Henrique Capriles Radonski, à refuser de reconnaître le verdict des urnes et à lancer ses partisans dans une campagne de « désobéissance civile » qui provoqua onze morts et des dizaines de blessés. Washington ne donnant plus le « la » dans la région, depuis la naissance de l’Union des nations sud-américaines (Unasur) et de la Communauté des Etats latino-américains et caraïbes (Celac), la campagne internationale entreprise sur le thème de la « fraude électorale » ne donna pas les résultats escomptés et cette poussée de violence s’interrompit momentanément.

 

Toutefois, pariant sur la panique suscitée, y compris au sein des milieux populaires, par la déstabilisation de l’économie, par l’annonce ou l’invention des pénuries, la droite dure pensait pouvoir donner le coup de grâce à la révolution bolivarienne à l’occasion des élections municipales du 8 décembre dernier. Elle les transforma en plébiscite et en vote-sanction contre la gestion de M. Maduro. Pari perdu. Au fil des mois, en gouvernant d’une main ferme, celui-ci a su renforcer sa légitimité. Après cette quatrième défaite en quelques mois [5], la perspective de reprendre le pouvoir se ferme à nouveau pour la droite : dans un pays accoutumé à voir se succéder les scrutins, il n’y aura plus d’élections avant les législatives de fin 2015 et un éventuel référendum révocatoire en 2016 !

 

Attendre, une fois de plus ? De la démocratie, certains secteurs de l’opposition vénézuélienne ont une conception toute particulière. Tout comme M. Leopoldo López, Mme María Corina Machado considère que, pour provoquer « le naufrage du régime », il n’est plus possible de respecter le calendrier électoral. C’est donc avec le slogan « la salida » (« la sortie ») que l’un et l’autre appellent à l’insurrection. En avril 2002, déjà, M. López a activement participé au coup d’Etat contre Hugo Chávez et figure sur la liste des signataires du décret qui, à l’instigation du bref dictateur, le patron des patrons Pedro Carmona, a alors dissous le Congrès et tous les pouvoirs constitués. Accusé d’irrégularités administratives lorsqu’il était maire de Chacao, il a été jugé en 2008 et s’est vu interdire toute postulation à une charge publique jusqu’en 2014. Comme lui (qui se voit en « président de transition »), Mme Machado (qui se rêve en « première présidente » du Venezuela), multiplie les contacts, en Colombie, avec l’ex-président Alvaro Uribe ou ses proches, ainsi qu’aux Etats-Unis où la visite qu’elle fit le 31 mai 2005, dans le Bureau ovale, au président George Bush, n’est pas passée inaperçue.

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Fourberies médiatiques au Venezuela

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A lire les médias internationaux en ce mois de février 2014, on pourrait croire que le Venezuela est à feu et à sang

Le coupable désigné par les grandes entreprises de communication est toujours le même depuis maintenant 15 ans : le gouvernement bolivarien massacrerait à nouveau son peuple comme s´il s´agissait du passetemps favori des élites politiques révolutionnaires depuis l’accession d´Hugo Chavez à la présidence de la République. 

 

Oubliés les onze chavistes assassinés au lendemain de la victoire électorale de NicolasMaduro en avril 2013, passée sous silence la large victoire du camp bolivarien aux municipales de décembre 2013, gommé le soutien populaire dont bénéficie la Révolution, les Vénézuéliens seraient désormais face à un « régime » qu´ils réprouvent et qui n´hésite pas á tirer contre ses compatriotes. 

 

Un retour sur les derniers évènements qui ont secoué le Venezuela est donc nécessaire pour prendre la mesure de ce qui se déroule en ce moment au pays de Bolivar et deChavez. Retour d´autant plus nécessaire pour capter, après la Libye, la Syrie ou les derniers évènements ukrainiens, à quel point l´Empire fait preuve d´un cynisme sanguinaire pour éliminer les gouvernements qui ne s´alignent pas sur ses intérêts.

 

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Venezuela: Brévissime leçon de journalisme pour ceux qui croient encore à l’information

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Dans le cadre de la formation permanente de la génération actuelle de journalistes européens dont l’Histoire retiendra qu’ils n’ont pas hésité à appuyer, à quelques milliers de kilomètres de distance, une enième tentative de renverser un gouvernement de gauche démocratiquement élu en Amérique Latine, l’heure est venue d’un modeste bilan en dix questions…

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Venezuela : les deux camps mesurent à nouveau leurs forces

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L’opposition se préparait samedi à Caracas une nouvelle manifestation contre les intimidations de groupes armés non-identifiés, le pouvoir convoquant une marche de soutien des « femmes chavistes contre le fascisme ».

 

A l’appel du gouverneur et ancien candidat présidentiel Henrique Capriles, et pour la deuxième fois en une semaine, l’opposition entend manifester dans tout le pays son « ferme rejet des groupes paramilitaires » accusés d’intimider les protestataires.

 

Face à cette mobilisation de ses adversaires, le président Nicolas Maduro a annoncé que « des millions de femmes allaient sortir dans toutes les villes du pays (…) Les rues sont aux femmes contre le fascisme au Venezuela, car la femme porte la paix en elle-même », a-t-il clamé.

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Venezuela : La dérive des continents… vue de notre Amérique

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Aujourd’hui, la droite donne des versions contradictoires de sa violence : alors que les cagoulés armés de pierres ou d’armes à feu, d’émetteurs radio et des équipements propres à ceux qui s’apprêtent à “tuer ou être tués” affirment que le motif de leurs “protestations pacifiques” est la “pénurie”, les leaders autoproclamés Ledezma, López et Machado affirment que ces marches ont pour objectif la démission du président Maduro.

Il est risible de parler de pénurie dans l’Est de Caracas, foyer de cette bourgeoisie : ses supermarchés de luxe sont pleins à craquer, et pas précisément de produits “locaux”, non. Les délicats palais des habitants des “villas”, “cumbres”, “colinas” et “altos” où résident les riches demandent constamment des produits et desdelicatessen d’importation.

Par contre, les efforts du gouvernement Maduro pour surmonter le modèle improductif du rentisme pétrolier rencontrent des obstacles, évidemment, puisque de nombreuses décisions peuvent affecter certains secteurs économiques. 

Ce sont les classes populaires qui sont en partie touchées par l’absence plus ou moins temporaire de certains produits, mais ce ne sont pas elles qui sèment aujourd’hui le chaos, la destruction et la mort dans les rues du Venezuela. Le plus souvent cette rareté est organisée, comme au Chili en 1973, par la bourgeoisie improductive. Non seulement en stockant massivement des produits mais – en association avec les mafias de la contrebande – en déviant une grande quantité de produits alimentaires, de médicaments et de carburant vers la Colombie, les îles hollandaises des Caraïbes (Curaçao, Aruba et Bonaire) ou Trinidad et Tobago. Business is business, aiment répéter les grands importateurs.

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Venezuela: La lutte des grands médias contre la démocratie est vouée à l’échec

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Converties à la pensée unique (libre-échange + droit d’ingérence), les grises copies d’AFP et Reuters que sont devenus Le Monde, RTL, TF1, France 2, La Libre Belgique, El Pais, Libé ou le NY Times n’ont d’autre issue que de censurer la voix des présidents latino-américains s’ils défendent le droit des vénézuéliens à élire qui ils veulent, et d’invisibiliser les mobilisations de la majorité de la population contre une tentative de coup d’État.

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