Au Venezuela, la bataille fait rage sur Internet

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Le bras de fer qui s’est engagé entre le président vénézuélien, Nicolas Maduro, et des milliers de contestataires descendus dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol face à la situation sociale et politique, début février, a gagné la Toile. Dans un pays où les médias sont étroitement contrôlés par les autorités, héritage de quatorze ans de présidence de Hugo Chavez, Internet représente pour la moitié des 28 millions d’habitants qui y ont accès le seul moyen d’obtenir une information indépendante. Dans les médias gouvernementaux, les manifestations et affrontements avec les forces de l’ordre sont occultés. Le président Maduro a décidé l’arrêt de la diffusion dans le pays de certaines chaînes étrangères couvrant ces événements, à l’instar de la chaîne colombienne NTN24 et de la chaîne en espagnol du réseau américain CNN.

Les réseaux sociaux sont devenus incontournables pour les jeunes militants de l’opposition qui veulent s’organiser et échanger des informations sur les morts, les blessés et les arrestations. Tous types d’informations s’y échangent jusqu’aux rumeurs les plus folles. Sur YouTube, des militants des quatre coins du pays publient ainsi en ligne des vidéos de la répression policière. Parfois, les forces de sécurité apparaissent aux côtés de gangs motorisés de fidèles chavistes, à qui l’opposition impute certains des meurtres et abus.

 

Relais incontournable de la mobilisation, Internet est devenu la nouvelle cible des autorités. Sur Twitter, William Castillo, le directeur de Conatel, le régulateur gouvernemental des télécommunications, a estimé, dans un tweet publié le 20 février, que les réseaux sociaux sont « envahis par les cybercriminels qui attaquent des comptes et manipulent l’information ». Le ministre de l’information, Delcy Rodriguez, a dit que Twitter était utilisé pour « susciter l’angoisse et des violences visant à renverser le pouvoir ». Un groupe de hackers pro-gouvernementaux, appelé N33, a attaqué des comptes Twitter de plusieurs journalistes.

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