Les médias au cœur de la crise politique au Venezuela

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Selon le Syndicat vénézuelien des travailleurs de la presse, vingt journalistes ont été victimes d’agressions depuis le début des manifestations anti-gouvernementales, début février.

Les médias sont une fois encore au cœur de la crise vénézuélienne. Le gouvernement, qui n’a pas oublié le rôle des télévisions privées lors du putsch raté de 2002, se sent victime d’une « guerre médiatique ». A l’entendre, la presse internationale ferait le jeu de l’opposition « fasciste », qui n’a jamais reconnu sa légitimité à la suite de l’élection controversée de M. Maduro, en avril 2013.

« Regardez les nouvelles : Kiev et Caracas sont mises dans le même sac. Il y a eu ici des abus, évidemment condamnables, de la force publique. Mais l’Etat d’exception n’a pas été déclaré. La police vénézuélienne n’est pas pire que vos CRS quand ils affrontent des étudiants en colère qui brûlent des voitures », affirme un diplomate latino-américain en poste à Caracas.

 

Les coups ne viennent pas tous de la force publique: plusieurs journalistes attaqués travaillaient pour les médias officiels. Le siège de la télévision publique a été assailli par des manifestants, à coup de cocktails Molotov et autres explosifs. Onze journalistes ont été détenus pendant plusieurs heures, deux d’entre eux pendant trois jours. La présence d’individus armés complique encore la tâche des reporters.

 

L’opposition ne cesse de dénoncer le « court-circuit informatif » dont elle se sent victime. La progressive mainmise du pouvoir sur les médias, notamment télévisés, a réduit son accès au petit écran. Les chaînes publiques et leurs journaux télévisés sont depuis longtemps des instruments de propagande qui inlassablement reprennent les thèses du gouvernement.

 

« Il ne nous reste que Facebook et Twitter », explique sur la place Altamira, haut lieu de la contestation, Catalina Ramos, étudiante en ingénierie, les yeux rivés sur son smartphone. Les réseaux sociaux permettent d’appeler à manifester, departager les consignes, de diffuser les images de la répression policière. Et decolporter les rumeurs les plus folles.

 

Des dizaines de fausses photos d’abus policiers ont ainsi circulé, tirées d’autres conflits. La photo du viol d’un manifestant par des policiers a fait scandale, avant qu’un usager ne signale qu’elle avait été téléchargée sur un site pornographique.

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