Pourquoi le Venezuela explose maintenant ?

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L’économie et l’insécurité sont donc les principaux carburants des manifestations, qui ont trouvé dans le mouvement étudiant un détonateur et un catalyseur. Partie de province, la mobilisation des universités a atteint Caracas et l’ensemble du pays.

 

Contrairement à l’image de privilégiés qu’en donnait Chavez, les universités publiques sont depuis longtemps un lieu de brassage social. D’ailleurs, le nom de l’ancien dirigeant étudiant Stalin Gonzalez (devenu député) ne dénote pas vraiment une origine bourgeoise. L’Université centrale du Venezuela, à Caracas, a toujours penché à gauche et même à l’extrême gauche, à l’époque des guérillas.

 

Outre les difficultés du présent, la jeunesse exprime aussi son inquiétude concernant l’avenir. Quelles perspectives et débouchés peut lui offrir une économie exsangue, soumise à l’irrationalité et au pillage ? Le Venezuela est une puissance pétrolière aux pieds d’argile.

 

Un putsch militaire n’est pas possible sans les forces armées. L’opposition n’en a pas les instruments ni les moyens.

 

Au Venezuela, le pouvoir contrôle étroitement l’armée ; en outre, il s’est doté d’une milice paramilitaire, rattachée directement à la présidence de la République. En plus de ces deux corps, les « collectifs » et autres organisations armées chavistes sévissent à l’occasion, comme on a pu le constater lors des dernières manifestations.

 

Pas plus la Colombie voisine que les Etats-Unis ne cherchent le renversement du régime vénézuélien. Washington a bien d’autres soucis. En revanche, il faudrait s’interroger sur la partition jouée par Cuba dans la crise. Il n’y a pas que des médecins cubains sur le terrain. Les services de renseignements cubains sont très actifs, les conseillers de La Havane sont présents à toutes les instances.

 

« Le Venezuela n’est pas l’Ukraine », a déclaré Maduro, néanmoins solidaire de son homologue Viktor Ianoukovitch. Certes, mais il n’empêche que leurs mentalités ont été formatées au même moule. Un modèle peu enclin au dialogue, à la négociation, à la recherche du consensus, aux concessions, bref à toutes les vertus indispensables pour panser les blessures d’un corps social écartelé.

 

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