La crise vénézuélienne embarrasse les chefs d’Etat latino-américains

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La gauche latino-américaine soutient le président Maduro tandis que la droite a appelé les parties au dialogue. Quant au Brésil, il se tait.

 

A Caracas et partout dans le pays, l’opposition est dans la rue, le gouvernement réprime. Le président Nicolas Maduro invoque sa légitimité électorale pour refuserle dialogue. Il crie au coup d’Etat et accuse les Etats-Unis d’en tirer les ficelles. Un scenario qui, même à gauche, ne convainc pas tout le monde.

Certes, les membres de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA), le pacte mis en place l’ancien président Hugo Chavez, ont unanimement apporté leur soutien à son successeur. « Nous savons trop bien ce qui se passe auVenezuela. La violence vient de la droite fasciste », déclarait le 14 février le président équatorien Rafael Correa. Outre Cuba — qui vit depuis plusieurs années sous perfusion pétrolière vénézuélienne — l’Argentine, la Bolivie, le Nicaragua ont eux aussi dénoncé les velléités putschistes de l’opposition vénézuélienne et de son allié américain.

Le président russe Vladimir Poutine, son homologue iranien Hassan Rohani et le Syrien Bachar Al-Assad se sont également alignés sur Caracas.

Au centre de l’échiquier régional, le Chili, le Pérou, la Colombie et le Panama ont condamné les violences des deux bords et appelé les parties au dialogue. Leur prudence n’a pas été récompensée. M. Maduro a traité son homologue colombien, Juan Manuel Santos, de menteur et d’insolent. Il a rappelé son ambassadeur au Panama. Et de s’expliquer : « La droite latino-américaine qui a cédé aux pressions de Washington s’est alignée contre le Venezuela. »

Pourtant, la Communauté des Etats latino-américains et caribéens (Celac) s’est exprimée dans des termes comparables, en demandant que le dialogue s’engage. Un communiqué de l’Union des nations sud-américaines (Unasur) insiste de son côté sur la « défense de l’ordre démocratique ». 

Brasilia n’a pas daigné diffuser cette déclaration de l’Unasur, un organisme que les Brésiliens avaient porté sur les fonts baptismaux. Partenaire commercial et alliépolitique du Venezuela, le Brésil se tait. Ce silence vaut à Dilma Roussef, d’ores et déjà en campagne pour sa réélection au mois d’octobre, les foudres de l’opposition. Il est jugé indigne d’une puissance émergente, leader régional aux ambitions globales et, qui plus est, candidat à un siège permanent au Conseil de sécurité. Le 19 février, le ministre brésilien des relations extérieures, Luiz Alberto Figueiredo, s’est contenté de déclarer : « Nous espérons qu’une convergence soit trouvée, dans le respect des institutions et de la démocratie. » Qui ne serait pas d’accord ? 

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