Au Venezuela, Twitter stimule les manifestations contre le gouvernement

See on Scoop.itVenezuela

Au Venezuela, la guerre entre le gouvernement et l’opposition est déclarée non seulement dans la rue, mais aussi sur Twitter. Ralliés par l’économiste Léopoldo Lopez, ancien maire de la ville de Chacon, les étudiants se sont unis à une partie de la population qui se plaint de la vie chère et de la violence. Le Venezuela reste l’un des pays les plus dangereux au monde.

 

Arrêté la semaine dernière, Léopoldo Lopez, 42 ans, formé à Harvard et bête noire de la gauche chaviste, a pleine conscience du pouvoir de Twitter pour rassembler rapidement les foules. C’est donc sur le site de micro-blogging qu’il s’organise avec ses partisans, appelle à des nouvelles manifestations, s’en prend à son adversaire, le président Nicolas Maduro, bref, qu’il fait de la politique. Fondateur du parti de droite Volontad Popular, il a créé le mouvement #lasalida (la sortie), avec, comme par hasard, un dièse placé devant.

 

Le représentant de la droite vénézuélienne a aussi inventé un nouveau genre, « les lettres tweetées ». Il les écrit à la main et ensuite les photographie pour les publier sur le réseau. Une façon de donner de l’authenticité à ses messages, qui finalement pourraient être publiés par quelqu’un d’autre de son équipe.

Les insultes contre le président, qui n’hésite d’ailleurs pas à lui répondre par le même canal, animent aussi la twittosphère vénézuélienne. Dans un message publié le 16 février, Léopoldo Lopez accusait Nicolas Maduro d’être un « couard ». Ce dernier publiait sa réponse sur le réseau, le traitant de « faciste ».

Si Twitter exerce une telle importance, c’est parce que le Venezuela est le cinquième pays le plus présent sur le réseau, avec un taux de pénétration d’environ 21%, selon une étude publiée par l’agence Comscore en 2011.

Les réactions et la couverture des manifestations via Twitter ont forcément leur côté obscur, voire truqué. De nombreuses images d’affrontements qui ont été postées se sont avérées fausses, à l’exemple d’une photo retweetée par le correspondant de CNN, Carlos Montero. Lui même a reconnu que le cliché illustrait un rassemblement qui se tenait à Singapour ! Ce qui a suscité une pluie de réactions narquoises sur internet. Ainsi des photos des manifestations au Chili, en Égypte, en Thaïlande et même au Brésil ont été aussi détournées, rapporte le site brésilien UOL.

See on www.rfi.fr

Publicités

Les commentaires sont fermés.