Venezuela: les étudiants appellent de nouveau à battre le pavé

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Les étudiants qui protestent depuis trois semaines au Venezuela contre la gestion du président Nicolas Maduro ont appelé à manifester jeudi à Caracas, au lendemain d’un «dialogue national» dont l’opposition était largement absente.

 

Alors que le Venezuela commémore ce jeudi le «Caracazo», insurrection populaire de 1989 contre le président Carlos Andres Perez qui avait fait des centaines de morts, les étudiants appellent à manifester sous le mot d’ordre «pas un mort de plus» lancé par l’un des leaders du mouvement, Juan Requesens.

 

Le bilan des violences survenues depuis le début des manifestations étudiantes le 4 février est de 14 morts, dont au moins huit par balle, et de 140 blessés.

 

Mercredi soir, le président Nicolas Maduro, qui assimile cette grogne à une tentative de coup d’Etat fomentée avec l’aide de Washington, a tenu une session de dialogue au palais présidentiel avec des représentants du patronat, de l’épiscopat, d’intellectuels, de journalistes, de députés et de gouverneurs de province.

 

La rencontre a été marquée par l’absence des dirigeants de la Table de l’unité démocratique (MUD), principale coalition de l’opposition, et de sa principale figure, Henrique Capriles, battu d’un cheveu par M. Maduro à l’élection présidentielle d’avril 2013.

 

M. Capriles et la MUD ont refusé de se prêter à ce qu’ils ont qualifié de «farce». Ils réclament la fin de la répression et le libération de l’opposant radical Leopoldo Lopez, incarcéré le 18 février pour incitation à la violence.

 

Le Venezuela a été le théâtre «d’évènements violents qui ont touché la société (…) Nous ne pouvons attendre qu’il y ait une escalade (…) en ce contexte de grande commotion nationale nous appelons au dialogue», a déclaré à l’ouverture de la rencontre l’héritier politique d’Hugo Chavez (1999-2013), élu il y a 11 mois.

Jorge Roig, président de la Fedecamaras, le patronat vénézuélien, était l’une des voix de l’opposition à cette réunion.

 

«Notre pays ne va pas bien, président, nous sommes en train de nous entre-tuer entre Vénézuéliens et cela est grave. Vous avez une responsabilité; en tant que chef de l’Etat vous vous devez d’apaiser les esprits», a exhorté M. Roig, régulièrement accusé par les autorités d’oeuvrer à la déstabilisation économique du pays.

 

De leur côté, les dirigeants étudiants impliqués dans le mouvement et les recteurs des universités n’ont pas participé à la réunion.

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