Le Venezuela à la croisée des chemins

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Si le moment actuel confirme la polarisation du pays, et le fait que cette division politique correspond très largement à des oppositions de classe, il confirme également que l’enjeu politique majeur au Venezuela est devenu pour les politiques l’incarnation d’une destinée nationale.

 

Le patriotisme et ses symboles : le drapeau et les trois couleurs qui s’affichent sur les casquettes étaient à l’origine promus par les chavistes dans la perspective d’une seconde indépendance face à l’impérialisme états-unien, et face aux intérêts contraires à ceux du peuple de la bourgeoisie compradore vénézuélienne.

 

Henrique Capriles, candidat de la MUD aux présidentielles, a habilement repris ces symboles depuis quelques années afin de ne plus apparaître comme le héraut d’une bourgeoisie apatride. A sa suite, les manifestants de l’opposition arborent aujourd’hui de nombreux drapeaux et casquettes tricolores.

 

Pour autant cette référence à la nation que partagent désormais les Vénézuéliens bien plus qu’à aucun autre moment de l’histoire de ce jeune pays (apparu en tant que tel en 1830) ne saurait masquer les conceptions profondément différentes à la fois du futur que doit avoir la nation, et du cadre international dans lequel elle doit inscrire. Hugo Chavez a été l’un des grands artisans de l’intégration sud-américaine à travers la création d’organisations de coopération et d’échange comme l’ALBA ou la CELAC. Cette perspective d’unité politique latino-américaine n’est pas encore partagée par l’opposition, qui voit encore souvent Washington comme son premier partenaire et rêve d’accord de libre-échange, tels que ceux conclus par la droite colombienne qui ont déclenché une grève générale des paysans l’été dernier.

 

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