Au Venezuela, l’opposition se renforce malgré la répression

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Beaucoup ont le sentiment que le Venezuela bascule vers la dictature, alors que le gouvernement multiplie les attaques contre des élus de l’opposition. « Justice a été rendue et justice continuera d’être rendue », prétend le président Maduro, qui annonce lui-même les prochaines décisions du pouvoir judiciaire. « Nous assistons à une situation inédite, à une tragicomédie : la justice danse selon la musique jouée par l’exécutif », affirme le juriste Nelson Socorro.

 

Toutefois, l’escalade répressive n’a pas intimidé les opposants, qui sont parvenus à rebondir, à en juger par la mobilisation de samedi, à Caracas et dans une douzaine d’Etats (sur vingt-trois). A San Cristobal, capitale de l’Etat de Tachira, dont le maire Daniel Ceballos a été emprisonné mercredi, les manifestations et affrontements ont duré douze heures, vendredi, et provoqué la mort par balle d’un homme.

 

Dans une lettre ouverte envoyée de son cachot et lue devant la foule rassemblée à Caracas, Leopoldo Lopez, lui aussi, place la barre très haut : il demande à M. Maduro de renoncer au pouvoir et de permettre ainsi aux chavistes et aux opposants d’entamer, ensemble, une transition vers « une véritable démocratie ».

 

Tout le monde dans l’opposition ne partage pas cet espoir d’un dénouement rapide de la crise. « Le gouvernement est plus fragile qu’il n’en a l’air, mais sa chute n’est pas imminente », estime Guillermo Ramon Aveledo, le stratège de la Table de l’unité démocratique (MUD). A son avis, les six semaines de fièvre que vient de vivre le Venezuela ont aggravé la polarisation entre les deux moitiés du pays, même si beaucoup de chavistes ne sont pas d’accord avec la répression.

 

Les manifestations de samedi ont renforcé l’opposition, d’autant que la concentration organisée au même moment par le pouvoir a tourné au désavantage des chavistes. Depuis février, le gouvernement peine à mobiliser ses partisans. A en croire certains observateurs, parce que la pénurie de ressources touche la logistique nécessaire à l’organisation des grandes messes affectionnées par feu le président Chavez.

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