Le Venezuela, un pays cher ou bon marché ? Les deux…

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Le Venezuela, riche pays pétrolier où le dollar s’échange dans la rue à plus de 10 fois sont taux officiel, peut être l’un des pays plus chers au monde. Ou l’inverse. Cela dépend de la possibilité de disposer de billets verts.

 

Au marché noir vendredi, le dollar parallèle cotisait 67 bolivares, contre 6,30 officiellement, et ce malgré une série d’assouplissements du contrôle des changes en vigueur dans ce pays secoué par une mobilisation anti-gouvernementale portant notamment sur la mauvaise santé de l’économie où les immenses files d’attentes devant des rayonnages quasiment vides sont devenues la routine.

 

A titre d’exemple, un soda dans la rue coûte 25 bolivares, soit 3,90 « dollars officiels », mais 0,37 « dollar parallèle ». Un grand menu chez McDonald’s sera lui facturé 200 bolivares : soit 31 USD, ou 2,9. De même, la valeur d’un véhicule d’occasion sera toujours calculée sur la base du dollar parallèle, rendant les voitures inabordables pour qui n’est payé qu’en bolivares.

 

Les importateurs de biens de première nécessité – aliments, médicaments, etc. – peuvent demander à la Banque centrale des dollars à 6,3 bolivares. Les autres ont accès à deux autres marchés, où le billet vert cotise de 10 à plus de 50 bolivares.

 

L’un de ces deux marchés annexes mais contrôlés par l’Etat, dénommé « Sicad 2 », est celui où la monnaie locale s’approche le plus du taux du dollar négocié dans la rue.

 

Avec ce mécanisme entré en vigueur cette semaine, le gouvernement entend « mettre en déroute le dollar au noir ». Mais 80% des devises continuent d’être accordées au taux officiel et ce nouveau système ne semble pas avoir encore porté ses fruits.

 

La rareté des devises est due au paiement de la dette extérieure et à la stagnation, faute d’investissements, de la production de pétrole, quasiment unique source de revenus du gouvernement, qui offre en outre une partie de sa production à des pays amis.

 

« Le Sicad 2 ne couvre toujours pas la demande, et donc la demande insatisfaite se retourne vers le marché noir », explique à l’AFP l’économiste José Guerra, ancien responsable de la Banque centrale.

 

Mais un autre facteur alimente les incertitudes : les autorités, qui utilisent de façon discrétionnaire et sans contrôle plusieurs « fonds parallèles » au budget de l’Etat alimentés par la manne pétrolière, ne communiquent jamais la quantité de devises dont elles disposent ni combien elles comptent injecter dans ce Sicad.

 

« Le gouvernement manipule l’économie de façon très peu transparente, et avec (ce système), il se passe la même chose. Moi j’ai demandé mardi 2.000 dollars, et ils ne me les ont pas donnés », explique un homme à l’AFP, sous couvert d’anonymat.

 

Ce système permet d’acheter et vendre des dollars en liquide ou en titres, à travers le réseau bancaire, les maisons de courtage ou les cambistes privés à un prix déterminé par « l’offre et la demande », selon les textes en vigueur.

 

Mais pour le salarié moyen n’ayant pas accès au dollar par des envois de proches à l’étranger ou par des affaires dans le pays, le Venezuela reste l’un des pays les plus chers de la planète. Où l’Etat distribue généreusement bourses et allocations aux populations les plus défavorisées, garantissant jusqu’alors le soutien des classes populaire au président Maduro, héritier du charismatique Hugo Chavez.

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