Mariana Rondon, réalisatrice de « Pelo Malo », le Venezuela, si loin, si proche

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En général les lauréats des grands festivals de cinéma ont des lendemains de fête heureux. Pour Mariana Rondon, Concha de oro au dernier festival de Saint-Sébastien pour Pelo Malo, le 29 septembre a aussi marqué le début des ennuis. Pourtant Mariana Rondon avait tout pour devenir une héroïne nationale au Venezuela. Contrairement au Mexique, à l’Argentine, au Brésil ou au Chili, le pays ne compte pas parmi les puissances cinématographiques du continent. La récompense attribuée par le festival basque à Pelo Malo aurait dû susciter une bouffée d’orgueil dans le pays de la réalisatrice.

 

Mais elle a accordé un entretien à El Pais, et très logiquement, le journaliste lui a posé des questions sur la situation dans son pays, où la contestation contre les héritiers de Hugo Chavez allait déjà croissant, à l’automne dernier. L’entretien est paru sous le titre « Chavez nous a condamné à la guerre civile », une phrase que Mariana Rondon a bien prononcée et qui lui a aussitôt valu un déchaînement d’insultes et de menaces venues du camp présidentiel vénézuélien.

 

Toute l’histoire de Pelo Malo, dont le scénario traite d’affaires plutôt intimes (l’affrontement entre une mère et son petit garçon, les affres identitaires de celui-ci) se confond avec les tribulations politiques vénézuélienne. Pendant le tournage, Hugo Chavez agonisait. L’équipe était équitablement divisée entre partisans et adversaires du promoteur de la révolution bolivarienne, qui est mort le jour où Mariana Rondon a terminé la post-synchronisation du film. Elle a proposé à l’ingénieur du son de rentrer chez lui, pour faire son deuil en compagnie des siens, il a refusé.

 

Aujourd’hui la cinéaste et sa productrice, Marité Ugas, qui est aussi sa compagne, ne savent pas quand et comment elles réaliseront leur prochain film, que doit diriger Marité. La situation du pays est si instable, leur position personnelle si peu sûre que tout est remis en question, récompenses internationales ou pas.

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Humour et amour au Venezuela en temps de crise, selon la dessinatrice Rayma

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Rayma fait du dessin politique depuis près de vingt ans, elle est journaliste dans l’âme. Le quotidien vénézuélien El Universal attend sa collaboration tous les jours. A Caracas et en province, depuis le début de février, la répression des manifestations d’étudiants et d’opposants tourne à la tragédie. La crise politique se double d’une crise économique et sociale qui touche tous les Vénézuéliens. Comment se portent l’humour et l’amour dans ces circonstances dramatiques ?

« Cette situation donne une nouvelle vitalité à l’humour, dit Rayma. Seul l’humour permet de survivre à la tragédie. D’ailleurs, l’un et l’autre sont représentés par la même muse. Derrière la tragédie pointe souvent l’humour. Il suffit de penser à Chaplin ou à Quino, obligé de s’exiler pendant la dictature militaire argentine. Ils ont transposé le sentiment tragique de la vie en humorisme. »

 

« Même si l’optimisme est parfois irréel, l’humour aide à survivre en situation de détresse ou à vivre plus longtemps. Face à la mort, autant en rire, car elle finira bien par te rattraper. Jusqu’à présent, l’humour a sauvé les Vénézuéliens d’une explosion sociale plus violente, car il constitue une sorte de soupape de sécurité, un exutoire. »

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Au Venezuela, des lunettes de natation pour faire face aux lacrymo

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Alors que  les manifestations anti-gouvernementales se poursuivent depuis plusieurs semaines au Venezuela, ayant déjà fait 39 morts et plusieurs centaines de blessés, les deux camps continuent de protester à leur manière. 
  
C’est dans le très sérieux New York Times que le président Nicolas Maduro a pour sa part choisi de s’exprimer. Une tribune, « un appel pour la paix » dans l’un des principaux quotidiens nord-américains qui égratigne la couverture manichéenne faite par les médias aux Etats-Unis qui voudraient peindre en blanc des protestataires « pacifiques », « violemment réprimés » par les autorités.

Or, selon le président, les manifestants sont responsables de près de la moitié des décès enregistrés depuis le début des protestations, en février dernier. Responsables aussi des nombreux dégâts, causés notamment aux bâtiments publics ; une facture s’élevant à plusieurs millions de dollars de dommages.

Les manifestants quant à eux ne désarment pas. Derrière des matelas sales, derrières de petits murets construits avec des tôles détournées, ils se dressent, émaillent quotidiennement les manifestations pacifiques soutenues par les membres les plus radicaux de l’opposition, à l’instar de la député récemment destituée par le pouvoir, María Corina Machado, qui défend la « salida », le retrait du gouvernement. 
  
Pleuvent alors les balles en caoutchouc, les canons à eau, les bombes lacrymogènes. Un arsenal contre lequel les protestataires, enturbannés de leurs vêtements qu’ils disposent comme un masque, se protègent à l’aide d’accessoires dérisoires; les lunettes de natation. 

 

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L’Algérie sur les traces du… Venezuela

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Une équipe de recherche en économie de la banque Natixis vient de publier un rapport spécial sur la crise économique et sociale qui prévaut au Venezuela, un pays qui dispose de l’une des plus importantes réserves de pétrole au monde et exporte pour près de 100 milliards de dollars d’or noir chaque année.

 

Les indicateurs économiques du pays, tous au rouge, poussent l’équipe de recherche à prédire une explosion de la situation. Le rapport souligne, en effet, qu’au Venezuela, la société est aujourd’hui «polarisée, les supermarchés sont vides, alors que la violence et l’inflation montent en flèche». Le quotidien des Vénézuéliens «est difficile» et «le credit default swaps (CDS) du pays suggère une probabilité de défaut sur la dette d’environ 60% d’ici les trois prochaines années», ajoute le même rapport. «La bombe à retardement pourrait exploser», conclut l’équipe de recherche.

 

Expliquant l’origine de la crise, le rapport note que le Venezuela a certes réussi à réduire les inégalités et a connu la plus forte baisse du taux de pauvreté et de pauvreté extrême, mais cette réussite n’est que le fruit de la multiplication par 5 du prix du pétrole entre 2003 et 2008. Le président Hugo Chavez, mort en mars 2013 et auquel a succédé Nicolas Maduro, «a amélioré les conditions de vie de sa base électorale, mais a anéanti l’économie et les institutions en détruisant le climat des affaires et aggravant la dépendance du pays vis-à-vis du pétrole», souligne le rapport.

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Le Venezuela confronté à la spirale de la violence

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Depuis bientôt deux mois, le président Nicolas Maduro, successeur de l’ancien chef d’Etat Hugo Chavez (1999-2013), est contesté par la rue, à Caracas et en province. Seize Etats vénézuéliens (sur vingt-trois) sont touchés par la mobilisation d’étudiants et d’opposants.

 

Le président Maduro veut faire porter la responsabilité des violences sur l’opposition, qualifiée tantôt de « fasciste », « putschiste », voire de « terroriste ». « Les opposants visent un coup d’Etat moderne, sans militaires, comme auHonduras et au Paraguay 2012], par la déstabilisation du gouvernement », explique Eleazar Diaz Rangel, éditorialiste chaviste et directeur du quotidien Ultimas Noticias, acheté par un proche du pouvoir dont l’identité reste ignorée de la rédaction elle-même.

La thèse complotiste est partagée par Nicmer Evans, du Centre internationalMiranda, un think tank chaviste. Derrière la crise de gouvernance du Venezuela, on trouverait des « acteurs politiques et économiques multinationaux, qui visent les premières réserves pétrolières au monde ».

 

Cependant, M. Evans estime que « Maduro utilise le même discours que Chavez, qui n’est plus adapté au rapport de forces ni à la situation, car l’actuel président est dépourvu du leadership messianique de son mentor ». A force de s’adresseruniquement à sa propre base, le chavisme serait pris de « torticolis » : « Lepouvoir a perdu la capacité de parler aux opposants », affirme M. Evans.

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Venezuela : l’Eglise critique un « gouvernement totalitaire »

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La Conférence épiscopale du Venezuela a accusé le parti au pouvoir et le président socialiste Nicolas Maduro, mercredi 2 avril, de vouloir imposer « un gouvernement totalitaire » dans le pays, secoué depuis deux mois par des manifestations anti-gouvernementales qui ont fait 39 morts.

 

L’origine de ces protestations provient « de la prétention du parti officiel et des autorités de la République d’instaurer le dénommé ‘plan pour la patrie’ [dû à l’ancien président décédé Hugo Chavez], derrière lequel se cache la mise en place d’un gouvernement totalitaire », a déclaré lors d’un conférence de presse Mgr Diego Padron, président de la Conférence épiscopale.

 

Mgr Padron a déploré la polarisation politique croissante au Venezuela entre partisans et opposants au modèle « chaviste », hérité de M. Chavez et porté aujourd’hui par son dauphin Nicolas Maduro, élu de justesse en avril 2013. Ce qui se passe dans le pays « est très grave, tant par sa magnitude (…) que par sa durée, sa violence et les conséquences néfastes pour notre présent et notre avenir », a-t-il ajouté.

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