Venezuela: une critique de gauche du chavisme dans La Jornada

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Pour les hispanophones, voici un intéressant article: http://www.jornada.unam.mx/2014/04/06/opinion/019a1pol

qui établit un parallèle intéressant entre l’actuelle tendance du gouvernement Maduro à renforcer la militarisation de la répression contre tous ses opposants (cette militarisation n’est justifiée que contre la fraction elle-même la plus militarisée de l’opposition (cf. la saisie récente d’explosifs stockés par certains groupes liés à l’extrême-droite (auto-baptisée « Voluntad Popular », la lutte contre les actions de destabilisation menées conjointement avec des paramilitaires colombiens dans les provinces de l’ouest…) et l’entrée en déliquescence du régime péroniste en 1955.

 

Cet article signale également les errements de la politique de dédoublement du taux de change (c’est la même politique devenue intenable qui a conduit l’Argentine à une brutale dévaluation en janvier dernier) car ce système ne profite qu’aux plus aisés (et aux profiteurs du système y compris au sein du chavisme, ceux que l’on appelle la: « boliburguesia ») tout en alimentant la fuite des capitaux.

 

À mon avis, on touche ici aux limites de tout mouvement populiste quelles que soit ses bonnes intentions redistributrices: le culte du chef (forcément « charismatique ») et l’absence de tradition de débat démocratique au sein même du mouvement chaviste, encore renforcée par l’organisation « verticaliste » des mouvements de masse, à quoi s’ajoute une attitude de déni face à la gravité des problèmes économiques et sociaux (inflation, corruption, gaspillage, violence…) et la tentation d’administrer l’économie sur un mode bureaucratique, tout conduit à affaiblir le gouvernement chaviste faute d’une stratégie alliant le renforcement des initiatives populaires sur un mode décentralisé, à une gestion plus efficace des ressources disponibles (là encore, la tendance à vouloir tout centraliser au sein de la bureaucratie d’Etat et à vouloir tout contrôler a priori en amont paralyse les initiatives et aliène des couches sociales que le chavisme devrait essayer de (re)conquérir au lieu de les rejeter chaque jour davantage dans l’opposition.)

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