Les barrios et le mouvement étudiant au Venezuela

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Jesus « Chuo » Torrealba anime une émission sur Radio Caracas depuis juillet 2005, « Radar des Barrios », en référence aux bidonvilles et quartiers populaires où vivent 70 % des Vénézuéliens. Dans la rue, il est souvent happé par des passants qui le reconnaissent. Chaque semaine, l’émission est produite en direct à partir d’un barrio différent du grand Caracas. Chuo Torrealba estime que le gouvernement et l’opposition sont tous les deux otages de leurs extrêmes, qui misent sur la polarisation politique. « La différence est que les radicaux du gouvernement sont au pouvoir », déplore-t-il.

 

« Le drame du chavisme est que l’hyper présidentialisme de Hugo Chavez n’a pas permis l’émergence d’autres dirigeants, explique le producteur radiophonique. Par une sorte de darwinisme à l’envers, seuls les moins futés survivaient dans l’entourage du chef de l’Etat. » A son avis, le chavisme aurait pu former un mouvement à base populaire capable de durer longtemps, comme le péronisme en Argentine ou Action démocratique (social-démocrate) au Venezuela.

« Au-delà du clientélisme, le chavisme était un mouvement affectif autour d’une figure charismatique, rappelle-t-il. On disait que Chavez était une sorte de porte-avions, où trouvaient refuge ses partisans. Depuis sa mort en 2013, il est devenu un parachute pour freiner leur déclin. Un successeur inepte, Nicolas Maduro, est en train de dilapider son capital politique. »

 

Les barrios s’éloignent des chavistes, sans pour autant être séduits par les opposants. « Henrique Capriles Radonski, l’ancien candidat de l’opposition à la présidence, a commencé enfin à s’adresser aux pauvres, note Chuo Torrealba.Sans les secteurs populaires, il n’y aura pas de changement durable. »

Et d’ajouter : « Les Vénézuéliens des barrios, chavistes ou opposants, partagent la même aspiration, accéder à la classe moyenne : ils veulent un emploi de qualité, un revenu stable, le droit à la vie. »

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